mercredi 14 octobre 2015

Après une semaine sous amphétamines, la dépression nous guette à nouveau

Ces derniers jours, après avoir constaté que tout allait mal, le marché avait fait preuve d’une résilience à toutes épreuves, les indices avaient retrouvés vigueur et volonté de monter et les mauvaises nouvelles étaient devenues du carburant pour les marchés financiers et, pendant un bref instant, nous avions cru que plus rien ne pourrait nous arrêter jusqu’au Christmas Rally et qu’après de toutes façons on s’en foutait parce qu’on serait en 2016 et en 2016 tout sera différent.
Eh bien hier nous sommes retombés dans nos vieux travers. Nous ne sommes pas encore en mode « on va tous mourir », mais on sent que la belle ambiance du « bull market » et du « plus jamais faible » est déjà derrière nous.
La Chine fait son retour aux avant postes et les chiffres qu’ils nous on publiés hier et qu’ils vont continuer de nous publier cette semaine, jusqu’au GDP de lundi prochain, sont et seront immondes. Le problème que est le suivant : la semaine passée, les mauvaises nouvelles étaient transformées et interprétées en bonnes nouvelles par je ne sais quel processus magique appris à l’école de Poudlard, mais depuis hier il semblerait que l’effet magique s’est dissipé et que les mauvaises nouvelles sont des mauvaises nouvelles.
Donc au cas où vous ne l’auriez pas encore compris : la Chine ralenti.
Et ça ne fait pas plaisir.
Les commodities ont peur – parce que la Chine est un gros consommateur de commodities – et les biens de luxe ont peur aussi parce que le Chinois aime les biens de luxe – il n’y a qu’à voir la queue devant les magasins Hermès ou Vuitton à Paris, ce n’est visiblement pas les Suédois et les Norvégiens qui font le succès des marques de luxe.
Bref, le marché avait à nouveau peur de la Chine hier. Autant vous dire que Glencore, LVMH et toute la clique n’ont pas vécu un beau mardi. De plus, en Allemagne, le ZEW était franchement pas bon – il est passé de 12.1 à 1.9 – et il semblerait que le scandale Volkswagen pèse sur le moral des Allemands.
En Suisse, on tapait sur les banques parce qu’il semblerait que les « régulateurs » veulent encore augmenter les ratios de capitaux nécessaires pour exercer la fonction de « banque » en Suisse. L’UBS et le Crédit Suisse perdaient tout deux plus de 1%.
Dans la foulée on notera les chiffres décevants de JP Morgan et les commentaires angoissants de son CFO qui disait que si ça continue « comme ça », le Q4 ne sera pas meilleur. En disant « continue comme ça », elle entendait que les marché ne favorisaient pas le « business bancaire » – alors je pense que si elle espère que tout va devenir HYPER FUN dans la finance pour les trois derniers mois de l’année, je pense qu’il faut qu’elle arrête les opiacées assez rapidement. Le titre perdait 1.7% hier soir après la clôture et avait déjà baissé de 0.3% pendant la séance.
Et puis, aux USA, en plus de s’être rendu compte que la Chine n’allait toujours pas mieux que vendredi passé, il y a un type qui a été nous dénicher l’indice « skew » et maintenant tout le monde ne parle que de ça.
Alors pour faire simple ; l’indice Skew est un indice qui mesure l’intérêt des investisseurs pour les options de protection « out of the money », des options qui auront de la valeur uniquement si le marché corrige violemment – comme dans un krach – en gros cet indice essaie de mesurer l’angoisse des investisseurs. C’est un peu comme la volatilité qui nous signale que les gens se protègent et sont prêts à payer plus cher pour se protéger – l’indice skew à la même fonction, mais mesure plutôt ceux qui on vraiment peur que l’on se prenne une claque magistrale.
skew
En conclusion, un niveau « normal » pour l’indice, c’est 100 – et aujourd’hui, nous avons atteint 148.92 – ce qui rappelle des années difficiles.
Généralement, tout le monde se fiche de cet indice, mais là, c’est un signal.
Alors attention, c’est un signal que les investisseurs prennent des paris extrémistes, ce n’est pas non plus une certitude de voir un krach se produire dans les trois mois. Je rappelle que les krachs qui sont annoncés, n’existent pas…
Néanmoins, hier soir, Wall Street en faisait sa petite obsession. Les marchés ont donc terminé en bas. En Europe comme aux USA et cela dans une ambiance fort désagréable et relativement tendue.
Pendant ce temps, l’or monte, il est à 1173$ – forcément, avec le « Skew » qui monte, on a besoin de réconfort et le métal jaune semble, je dis bien SEMBLE redevenir une zone de refuge.
Le pétrole est en baisse à 46.75$. Et finalement Sab Miller a pris les 2 milliards supplémentaires de chez Anheuser Busch Inbev et s’est rangé sous ses ailes donnant lieu à une impressionnante photo de famille qui réunit 99 bières..
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Dans les nouvelles du jour, ce matin on regarde les chiffres d’Intel qui n’étaient pas « top », en baisse de 6.3% pour le trimestre et ils prévoient une croissance molle pour la fin de l’année. Ils ont annoncé 64 cents par action, l’an passé c’était 66 cents. Le titre perdait près de 3% hier soir after close et l’on ne peut pas dire que ce premier « techno result » était euphorique et signalait une saison d’enfer, mais plutôt une saison EN ENFER.
Et puis Twitter licencie pour mieux rebondir, c’est en tous les cas ce que l’ex-futur-nouveau CEO essaie de nous faire croire, à nous, mais aussi aux 336 employés qui sont licenciés.
Dans la série, je pars à la retraite et je vous laisse avec la patate chaude, Mike Novogratz, un des « top shots » de chez Fortress et gérant de leur fonds « macro » s’en va à la retraite à la fin de l’année avec un package de 255 millions de dollars après avoir fini le mois de septembre en baisse de 4.7% et être en recul de 17% sur l’année. JOYEUSE RETRAITE à 51 ans avec 255 millions dans la poche, sans compter le reste. Pour fêter son départ, Bill Gross s’est foutu de lui à la télé et Warren Buffet était mort de rire à son sujet hier dans une conférence.
Pour le reste des nouvelles passionnantes et encourageantes, on retiendra que VW est en train de réduire la voilure pour commencer à mettre de l’argent de côté pour payer les amendes à venir. La Chine va émettre des obligations en renminbi à Londres, histoire de rendre sa dette populaire à l’étranger.
Le Barron’s pense que le fond a été trouvé sur l’or et que le métal jaune est parti pour aller plus haut. Toujours plus haut. Ils sont également hyper bullish sur American Airlines.
Dans les chiffres trimestriels qui sont attendus aujourd’hui, nous aurons :
ASML, Bank of America, BlackRock, Delta, Netflix, Wells Fargo et Xilinx.
Côté chiffres économiques nous aurons le CPI en France, en Espagne et en Italie. Le ZEW version Suisse, la production industrielle en Europe, les nouvelles demandes d’hypothèques aux USA, ainsi que le PPI, les retail sales, le Beige Book et les inventaires du pétrole.
Pour le moment les futures sont légèrement en baisse, l’Euro/$ est $ 1.1393, le yen vaut 119.57, le Bitcoin est à 246$ et le rendement du 10 ans US est de 2.04%. Pour le moment l’Euro/Suisse est à 1.0911, autrement dit : bientôt sur des niveaux d’achat.
Voilà, le marché a donc pris un coup de froid depuis 24 heures et la belle ambiance de la semaine passée qui fêtait la levée de cet état insupportable d’incertitude est déjà en train de faire partie du passé. En ce qui me concerne, il me reste à vous souhaiter une belle journée, un bon café et faites attention au « Skew » en traversant.
Nous on se retrouve demain pour de nouvelles aventures !!!
Bonne journée et à demain.
Thomas Veillet
Investir.ch
“La différence qu’il y a entre les oiseaux et les hommes politiques, c’est que de temps en temps les oiseaux s’arrêtent de voler !”
Coluche

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