Journée de digestion hier. Nous
avons repris les bases de ce que nous savions déjà et essayé d’en faire quelque
chose. Ce n’est pas simple. Après les quelques séances d’enfer que nous venons
de voir ; entre la FED qui ne veut rien faire et Volkswagen qui nous réinvente
le concept du diesel, on dirait que l’on a encore besoin de temps pour digérer
un peu tout ça, avant de trouver ce que nous voulons vraiment en faire.
Peut-être
attendre jusqu’au 28 octobre, histoire de voir quand est-ce que la FED va
réagir.
Entre
deux, nous avons donc appris hier que les chiffres économiques chinois se
détérioraient encore. Ce n’est pas franchement une nouveauté, ni une surprise,
mais il semblerait que le marché aimerait simplement que ça se stabilise, pas
que ça remonte ou que la croissance reparte demain matin en Chine, non, juste
que ça se stabilise. C’était la première chose que nous devions avaler en début
de séance.
Puis, à
l’entame de la journée en Europe, il nous fallait reparler, encore et encore,
du scandale Volkswagen qui était en train de contaminer tout le secteur
automobile. Chaque heure qui passait apportait son lot de mauvaises nouvelles
pour la marque allemande, les analystes ont commencé à baisser leurs objectifs,
Deutsche Bank passait à 130 Euros, la Société Générale conseillait d’éviter le
DAX et le secteur automobile comme la peste (l’automobile représente 17% du DAX
contre 6% pour l’indice global européen Eurostoxx 600), l’ambiance promettait
d’être à nouveau houleuse alors que Volkswagen et Porsche entamaient leur
séance en baisse dès les premières heures de trading.
Le
problème, c’est de valoriser l’impact de la magouille Volkswagen. Aux premières
heures du scandale, on disait que l’amende pourrait atteindre 37’500 dollars
par voiture impliquée. Puis, mardi soir, on parlait de 11 millions de voitures
concernées, la facture serait donc juste impossible à payer pour VW ou alors,
cela pousserait à la mise en faillite.
Bref, aux
premières heures de la matinée d’hier, bien malin qui pouvait poser un chiffre
sur tout cela sans le jouer aux fléchettes ou aux dés.
La
journée aura ensuite apporté son lot d’évènements. Tout d’abord les chiffres
économiques Européens ont laissé poindre un semblant de croissance. Rien de
très excitant, rien qui ne nous poussa à nous rouler par terre de bonheur, mais
tout de même un petit signe positif dans ce monde de brutes, pollué par les
émissions des diesels allemands (je rappelle que les moteurs diesel ne polluent
pas, eux).
Dans la foulé des chiffres
économiques, Monsieur Mario Draghi, THE Président of THE Banque Centrale of THE
Europe a pris la parole pour dire tout d’abord que, je cite : « les conditions
macro-économiques européennes se sont dégradées durant l’été » (sic !) et que
(juste avant que le marché panique) il était prêt, s’il le faut, à remettre une
couche de QE, quitte à utiliser les comptes offshores de la BCE dissimulés à
Antigua.
Le marché
s’est donc senti (un poil) soulagé et semblait déterminé à terminer en hausse.
Afin d’assurer cet état de fait, le CEO de Volkswagen, Monsieur Winterkorn, en
a profité pour donner son sac et même si cela ne résout pas le problème, le
marché prenait note et semblait enclin à tenter le rebond sur Volkswagen.
Toujours acheter le troisième jour, comme disait l’autre. En fin de séance, VW
reprenait plus de 5%.
Aux USA,
on a avait un autre problème, c’est le pétrole. Les inventaires étaient
globalement mal pris par le marché et le baril repassait pour la 843ème fois en
dessous des 45$. Ce matin il y est toujours et vaut 44.82$. L’ensemble du
secteur était sous pression et comme, soudainement, l’investisseur moyen de
Wall Street estimait qu’un pétrole faible était mauvais pour l’économie, les
indices américains partaient à la cave.
Heureusement
en fin de séance nous parvenions à inverser la tendance et ne terminer que
légèrement en baisse. Ceci est probablement du au fait que les investisseurs ne
savent plus trop à quel animal se vouer (le bull ou le bear) et personne n’est
suffisamment courageux pour conserver ses positions au travers de la nuit new
yorkaise.
Nous
pouvons également noter que les chartistes sont à peu près TOUS de sortie pour
signaler des ruptures de tendances, des configurations négative et le début «
ÉVIDENT » d’un Bear Market. Il est vrai que les chart sont moches. En Europe on
peut encore espérer que nous sommes en train de construire un « double bottom »
sur le DAX, mais force est de constater que pour trouver un catalyste qui
transformerait cette espèce de dépression nerveuse permanente en joyeuse
euphorie, il faut avoir de l’imagination.
Franchement,
à moins que l’Europe découvre un gisement de diamants sous les Ardennes et des
puis de pétrole un peu partout dans la région PACA ou alors qu’Aplle décide
d’arrêter de développer sa propre voiture pour racheter l’ensemble des
constructeurs automobiles européens (sachant qu’ils ont largement assez
d’argent pour le faire et en cash), on voit assez mal ce qui redonnerait un peu
de baume au cœur des éternels optimistes que nous sommes.
Et pendant ce temps-là, l’or
n’est pas convaincu de sa fonction. Valeur refuge ou commodities. Ce matin il
est 1135$, mais c’est sans grande conviction.
Ce matin
les Japonais sont de retour aux affaires. Après un long week-end, le Nikkei
reprend du service et rattrape le retard en baissant de 2.34%. Hong Kong lui
emboîte le pas, en recul de 1% et Shanghai, qui était encore en hausse de 1%
quand je me suis installé devant mon écran à 3h30 ce matin, est soudainement en
train de dangereusement flirter avec la zone négative.
Pour les nouvelles du jour, on cause encore beaucoup du cas VW,
on se demande jusqu’où peut aller la contagion, on se demande si c’est comme
pour le Subrime : « un pour tous, tous pourris ». Et est-ce que c’est normal
que tous les équipementiers en prennent plein les dents. Actuellement,
l’ensemble des analystes et des journalistes financiers sont en train de
réinventer l’utilisation d’Excel pour essayer de mettre un prix sur le scandale
VW. « On ne peut pas leur jeter le catalyseur au visage, ce n’est pas facile »
(copyright : cru)
Autrement le Real Brésilien est au plus bas de tous les temps. Deloitte est déjà capable de nous dire que les ventes de Noël seront plus faibles que l’an passé. Ils sont forts. C’est un peu comme l’article publié dans un journal romand hier qui disait : « Hiver très froid cette année ? Tout est possible », c’est de la PURE INFORMATION !!!
Autrement le Real Brésilien est au plus bas de tous les temps. Deloitte est déjà capable de nous dire que les ventes de Noël seront plus faibles que l’an passé. Ils sont forts. C’est un peu comme l’article publié dans un journal romand hier qui disait : « Hiver très froid cette année ? Tout est possible », c’est de la PURE INFORMATION !!!
À la
question « le marché peut-il remonter ? », je répondrai donc : « Tout est
possible »
À la
question « le marché peut-il baisser ? », je répondrai donc : « Tout est
possible »
À la
question « est-ce que vous me prenez pour un idiot ? », je répondrai donc … euh
non, en fait je préfèrerai ne pas répondre.
On
apprend aussi dans la presse matinale que cette fois c’est sûr, nous sommes
dans un Bear Market. Que Bill Gross supplie la FED de monter les taux, là tout
de suite sans attendre. Que d’ailleurs l’ancien fonds de Bill Gross chez PIMCO
fait mieux que le nouveau fonds de Bill Gross de chez Janus (après 12 mois
d’opérationnel). Les Chinois ont signé des contrats pour acheter pour 38
milliards de Boeing, j’espère qu’ils volent en First pour rentrer à la maison.
Le
chartiste du Barron’s estime que les Bears sont au commandes. C’est le titre
principal du journal de ce matin et le journal se méfie également des prochains
chiffres de BlackBerry. Tiens, ça existe encore ? Deutsche Bank estime qu’il
faut acheter Nike avant la publication des chiffres. Les chiffres seront
publiés ce soir après la clôture, il ne faut donc pas trainer.
Pour ce
qui est des chiffres économiques, nous aurons le climat de consommation en
Allemagne AVANT l’affaire VW, le sondage du « business » en France, les
nouvelles commandes industrielles en Italie, business expectations en
Allemagne, ainsi que l’IFO. Aux USA il y aura le Chicago Fed, les Jobless
Claims, les Durable Goods, les New Homes Sales et les chiffres du gaz.
Sans
oublier qu’en toute fin de journée, Yellen parlera. On ne sait jamais, elle
pourrait monter les taux…
Pour le
moment, les futures sont en baisse de 0.3%. L’Euro/$ est à 1.1187, le yen vaut
120.09, le rendement du 10 ans US est 2.13%, le Bitcoin vaut 229 $ et le Franc
Suisse se traite à 1.0945 contre Euro.
Voilà,
c’est tout pour ce matin, il me reste à vous souhaiter une très belle journée,
nous on se retrouve demain, comme d’habitude.
Thomas Veillet
investir.ch
« Le mois de l’année où le politicien dit le moins de conneries,
c’est le mois de février, parce qu’il n’y a que vingt-huit jours. »
Coluche
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